-Interview: Max Cavalera



Max Cavalera
Interviewed by Metal Chroniques
In February 2004
Language: Dutch



Les fans vont etre surpris, le line up a change, peux tu expliquer ce desir de ne pas avoir un line up stable ?

En fait c'est depuis les debuts de Soulfly, le line up a toujours ete different, je pense que cela permet de pas etre dans un groupe ennuyeux, de garder une certaine fraicheur. Je sais que parfois c'est douloureux ou etrange mais depuis des annees le line up a completement change et je suis convaincu que je ne peux pas faire autrement. C'est necessaire de faire ce type de sacrifice pour que la musique reste bonne, et la musique doit rester bonne a tout prix (rires).

Donc on peut presumer que tu vas sacrifier encore des musiciens pour le prochain album ?

Cela se pourrait bien, je ne veux pas le faire et je n'ai pas ca a priori... mais autant etre vraiment honnete, je ne vais pas raconter de conneries, disons que si un probleme avec un des musiciens doit interferer avec la musique, je n'hesiterais pas a la faire.

Parlons un peu du nouveau guitariste, Mark Rizzo (ex Ill Nino), il a apporte beaucoup de choses, dont ces emprunts au flamenco, c'est une des raisons qui expliquent qui tu as fait appel a lui ?

Oui, nous avons commence a repeter ensemble en prevision de l'ecriture de l'album, nous avons travaille sur des chansons puissantes comme " Prophecy " ou " Execution style ", des chansons classiques qui sonnent vraiment heavy. Et un jour alors que j'entrais dans studio je l'entends jouer, j'etais surpris et je lui ai dit " hey mec qu'est ceque tu est en train de jouer la ? Le flamenco est un des mes styles de musique favori, pourquoi tu ne m'as rien dit ???!!! " (rires). Et je lui ai tout de suite propose d'integre des passages flamenco dans l'album, tu sais c'est vraiment un style unique, et j'etais vraiment fier et heureux que cela soit dans l'album. Je pense que c'est justement ce genre de surprise qu'il doit y avoir dans Soulfy. Un groupe puissant qui peut jouer avec Slayer, et nous l'avons fait d'ailleurs, tout en proposant des passages completement surprenant.

Et il y a un morceau surprenant dans l'album, apres un premiere partie tres agressive on tombe sur un morceau de... reggae ni plus ni moins... C'est apres coup moins surprenant quand on sait que apprecies beaucoup Bob Marley...

Oui (rires). Disons que les gens qui apprecient Soulfy doivent plutot se demander " il va faire ce genre de chanson, mais quand " (rires). C'est la chanson la plus longue, je pense que l'idee est venue de l'album precedent avec la chanson " tree of pain " qui etait tres bonne, elle permettait en etant au centre de l'album de le scinder en deux parties, et j'aimais beaucoup cette idee la. Si je l'avais place ailleurs qu'au centre de l'album cela n'aurait pas fonctionne.

Il y a une autre surprise, le groupe serbe qui apparait dans l'album...

Je crois que l'idee vient de loin, cela date de Sepultura, on voyageait beaucoup et on cherchait d'autres influences d'autres musiques. Et le choix de ce groupe d'Europe centrale est un bon choix, car personne ne connait vraiment la musique qui est jouee dans cette region du monde. Et je trouvais vraiment genial d'inclure cette musique dans mon album, et j'ai trouve ce groupe tzigane avec qui j'ai enregistre, et egalement avec un professeur de musique de Belgrade qui conserve des instruments du moyen age, des instruments des balkans. Ils m'ont donne un sentiment intemporel avec leurs instruments, et c'etait tout simplement surprenant pour moi aussi parce que je ne m'attendais pas a cela au depart quand j'ai commence a travailler sur le nouvel album.
Et aussi a la fin, c'etait completement fou, " march over river Drina ", est un vieux morceau qui date de la guerre qui se termine avec les instruments tziganes. J'avais entendu la cover qu'en avait fait Laibach sur leur album NATO. J'aimais bien et je trouvais que un bon choix de reprendre cette chanson dans l'album. Et puis avec les musiciens tziganes c'etait completement dingue, une sorte d'expedition pour National Geographic. Parfois je ne me sentais plus comme un musicien mais comme un explorateur.

A propos de musiciens tziganes, tu suscites des vocations, tu connais le groupe Ektomorf ?

Non, pas du tout...

Le chanteur Zoltan m'a dit dans une interview que tu etait son artiste favori, ils jouent un style de musique qui rappelle ce que faisait Sepultura quand "Roots " est sorti tout en y incorporant de la musique tzigane. En Allemagne tout le monde les appelle les nouveaux Sepultura.

Ok, c'est un bon compliment au fond et c'est toujours flatteur de voir des groupes emerger et se reclamer de ce qu'on a pu faire.


Tu as change d'avis ou pas au sujet de la production ? Tu disais que tu ne produirais pas de groupes, meme si tu l'avais fait pour un groupe Argentin, Aenima.

Ce n'est pas que je refuse de produire un groupe. Il faut simplement que je trouve un groupe qui me plaise au point que j'oublie qu'a priori je n'aime pas trop la production. Honnetement je n'aime pas trop cela, meme pour moi, parce que c'est un peu inconfortable. Parce que tu vois le producteur est bien cale dans une chaise en train de fumer toutes sortes de choses (rires), et je moi dois aussi m'occuper des autres aspects. Je n'aime pas me trouver des deux cotes de la barriere, je prefere me dire que je suis le coach d'une equipe. A l'avenir j'essaierais quand meme de produire un groupe, je le choisirais en fonction de ce que j'en aurais ecoute. Je n'aime pas ca mais je voudrais le faire.
Pour Prophecy j'estimais que c'etais la meilleure chose a faire que je le produise, je n'avais vraiment pas envie que quelqu'un entre dans le studio et denature d'une facon ou d'une autre tout le travail qui avait ete fait et la vision que j'avais de l'album. Mais a l'avenir je pense que j'enverrais 3 ou 4 chansons a quelqu'un que j'aimerais voir a la production, pour qu'il amene ces chansons dans une voie differente, un peu comme nous le faisions avec Sepultura. Quand nous ecrivions quelque chose et qui sonnait completement differemment apres.
A l'avenir je retravaillerais avec un producteur mais je suis vraiment satisfait de m'en etre sorti avec Prophecy, c'est une experience que je voulais tenter malgre mes reticences. Je pense qu'on s'en est tenu aux idees que nous avions au depart. En fait c'est aussi un des changements avec Soulfy nous avons change a chaque fois de producteur, de studio, du coup on est experimentes, on peut avoir un bresilien, un autre specialise dans la world et un autre completement dingue specialise dans le hardcore (rires). C'est quelque chose qui peut etre cool.

Apres 7 ans d'existence, crois tu que les gens on accepte que Soulfy bien est un groupe qui fait vraiment partie integrante de la scene metal ou qu'il n'est qu'une parenthese ?

Ecoute je pense que c'est vraiment different des debuts avec Soulfly, malgre les changements de line up. Les fans soutiennent vraiment le groupe quoi que nous fassions, comme si la musique que nous faisons etait une sorte de cadeau pour eux, et je souhaite que cela continue d'ailleurs. Et c'est vraiment special, d'ailleurs nous avons joue avec le nouveau line up a Los Angeles et c'etait une sorte de test avec le public, et c'etait vraiment l'un des meilleurs que nous ayons fait.

Ce n'est pas etrange parfois cette attitude des fans ?

Oui, tu sais c'est etrange mais j'ai aussi appris beaucoup avec Soulfly, et puis nous prenons plus de risques que nombre de groupes qui d'album en album ne change pas leur son d'un iota. Pour moi Soulfly est plus proche d'un groupe qui n'a peur de rien (rires), comme les punks, on y va avec notre c'ur, et on va de l'avant sans regarder en arriere.

Comme la chanson punk " porrada "

Oui, c'est l'une de mes favorites, elle m'a ramene au bon vieux temps du hardcore. C'est comme un trip de retour vers le Bresil, vers la chanson des Ratos de Porao, " Policia "...

Justement elle ressemble a " Policia "

Oui c'est vrai, c'etait l'idee en faisant une chanson hardcore qui soit cool, et quand nous l'avons ecrite, c'etait apres avoir compose " Execution style " qui est plus dans le style de Septultura ou Nailbomb...

Periode Chaos Ad alors...

Oui cette cette periode la, alors apres nous voulions une autre chanson rapide mais moins metallique, et surtout pas plus de 3 cordes (rires). Et le texte est inspire par le film " City of god ", un film bresilien vraiment hardcore et completement dingue avec des momes de 10 ans qui flinguent des gens... Une histoire inspiree par la vie au Bresil.

Le temps passe vite, et il faut deja que Max donne le mot de la fin

" Merci beaucoup ", j'espere vous voir a partir de fin avril en France et a travers l'Europe