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-Interview: Max Cavalera
Max Cavalera Interviewed by Pierrot At SantagoRe On February 12, 2004 Language: French
Jeudi 12 février, j’ai rendez vous à
Paris dans un hôtel plutôt sympathique avec Max Cavalera…
Le célèbre frontman est en France deux jours pour faire
la promo de son dernier album, « Prophecy », qui sortira chez
Roadrunner fin mars. Rencontre avec un musicien passionné et surtout
très gentil !
Pierrot : Ma première question est très
simple, serez vous bientôt de retour en France pour jouer, si oui
sais tu quand ?
Max Cavalera : Oui, on pense probablement revenir vers
avril/mai… L’album sort fin mars donc on va se préparer
à tourner ensuite, donc avril/mai ça devrait être
bon !
Il y a une chance que l’on vous voit à
des festivals cet été ?
Oui, sûrement, mais on fait surtout jouer en headliners
!
Comment décrirais tu ce nouvel album à
quelqu’un qui n’a jamais écouté Soulfly auparavant
?
Hum… Je pense que l’album est comme partir
en voyage… Ok, tu as 5 chansons vraiment brutales, très heavy,
mais ensuite tu as des « journey songs » comme « I believe
» et « Moses » qui expérimentent différents
sons… Ensuite on revient aussi à des chansons plus hardcore,
plus punk, comme « prorrada »… Oui, c’est bien
une sorte de voyage musical.
Qu’est ce qui t’a inspiré pour
« moses » et les autres chansons où l’on trouve
du reggae ou du dub ?
J’ai pensé qu’il serait vraiment cool
de confronter ces deux styles parce que… Le fait d’incorporer
dans l’album ce genre d’influences, même si ce n’est
qu’à certains endroits, c’est très excitant…
J’aime bien car aujourd’hui ces deux styles ne sont pas mixés
souvent avec le metal, et j’ai l’impression de faire quelque
chose d’assez nouveau !
Vous allez jouer ce genre de chanson en live ?
Du mieux qu’on pourra, oui ! Bon c’est vrai,
« moses », il faudrait être avec les Eyesburn, les avoir
en tournée avec nous, mais le reste comme « mars »
avec les influences flamenco ou reggae, oui je veux le jouer !
Tu peux me parler d’Eyesburn ?
Oui, alors ils sont de Serbie, de Belgrade. La chanson
entière a été enregistrée là bas. On
ne peut pas vraiment faire la différence entre cette chanson et
les autres au niveau de la qualité sonore, mais le fait de faire
le voyage jusque là bas, d’aller passer une semaine là
bas, d’enregistrer toute la chanson, c’était vraiment
une super expérience… Cela rend encore plus l’album
comme un voyage, pas seulement sonique, mais très concrètement.
Je suis vraiment allé à différents endroits pour
faire ce disque…
Vous êtes allé où ?
Et bien, pendant la dernière tournée on
a fait pas mal de pays de l’est, j’ai donc puisé certaines
idées là bas… Je crois que l’album est aussi
emprunt de l’esprit Navarro, car j’ai aussi joué dans
la réserve des indiens Navarro… J’ai trouvé
là bas certaines idées pour les chansons, certains idées
de paysage musical… Par exemple, « soulfly 4 » est basé
sur le sud ouest, le désert qui est vraiment impressionnant, très
puissant… Ces endroits ont influencé l’album…
Tu trouves l’inspiration grâce aux
voyages que tu peux faire ? Désormais pourrais tu composer un album
en restant uniquement chez toi ?
Oui bien sûr, en fait tous les albums de Soulfly
ont été fait à un seul endroit, celui là est
le premier où j’ai décidé de bouger un peu…
Mais c’est sûr que voyager et partir en tournée, ça
m’inspire pas mal, les tournées sont vraiment très
importantes pour moi, pour faire un album… Cela doit être
une grosse partie, prendre du temps.
Et alors il y a d’autres endroits sur Terre
où tu aimerais aller ?
(rires) oui ! On a quelques dates prévues en Afrique
du Sud, cela sera la première fois… On pense aussi peut être
à la Turquie, Israël… Bien sûr la France et l’Allemagne…
Mais tu as le temps de rencontrer les gens, rencontrer
des musiciens, quand tu es en tournée ? Souvent les groupes disent
que c’est difficile…
Tu as raison c’est plutôt difficile, mais
il faut prendre le temps !! (rires) Mais parfois on a des jours de libre
entre plusieurs dates, alors on se débrouille… Ou alors comme
en Serbie où j’avais eu une semaine entière et où
j’avais eu le temps de visiter, parler aux gens, essayer de ressentir
le feeling de l’endroit…
Tu connaissais Eyesburn avant d’y aller
ou pas ?
En fait, on avait joué avec eux mais je ne les
avais pas rencontré la première fois, j’avais juste
récupéré leur cd… Puis j’ai rencontré
le chanteur, il était vraiment cool… On a échangé
des disques, je lui ai parlé de cette idée de faire une
chanson ensemble, il était d’accord et en plus ils avaient
un studio, on pouvait donc vraiment faire cela bien… les gens été
vraiment très sympa, c’était une super expérience…
Donc je suppose que vous allez retourner jouer
là bas…
Oui sûrement ! On avait fait un gros show là
bas, celui où on avait joué avec Eyesburn, c’était
dans un grand stade devant quelque chose comme 40000 personnes…
Ils aiment ce style de musique en Serbie, ils aiment les trucs bien lourds,
mais ils sont aussi très ouverts d’esprit… On a jammé
avec Eyesburn, on jouait des chansons de Soulfly et au milieu il y avait
des passages avec d’autres instruments, et le public appréciait
beaucoup ! C’est une foule de metalleux, mais ils acceptent vraiment
facilement toutes ces influences dub… Cela serait bien dans le futur
si tous les publics pouvaient comprendre toutes les musiques, pas seulement
un seul style…
Tu penses que certains pays ne sont pas autant
ouvert d’esprit ?
Aujourd’hui, je pense vraiment que c’est différent.
Des années avant, oui. Même quand j’ai fait «
roots » cela avait été un choc qu’il y ait un
indien sur la pochette, les gens n’étaient pas trop habitués
à cela… Mais petit à petit, album après album,
j’ai l’impression que le public apprend, s’habitue,
et apprécie entendre d’autres sons… C’est toujours
« heavier as hell », sûrement les chansons les plus
heavy qu’on ait faites, mais il y a aussi des sons très différents
qui arrivent dans tes oreilles… Je pense que les fans de Soulfly
apprécient cela aujourd’hui…
Comment s’est passé la composition
de l’album ? Est ce que tu écris tout ?
Oui, tout… Sauf les paroles de trois chansons…
« defeat you » que j’ai écrit avec Danny, le
chanteur d’un groupe de hardcore North Side Kings, « moses
» que j’ai fait avec le chanteur d’Eyesburn et «
wings » que j’ai écrit avec asha, qui est une chanteuse
black, qui chante aussi sur le précédent album.
Soulfly a changé de Line Up encore une
fois il y a peu de temps… Comment expliques tu cela ? A-t-il été
difficile d’avancer après cela ?
En fait… Je crois qu’une des raisons pour
laquelle l’album est si excitant, c’est que malgré
le changement, ça reste Soulfly… Tu sais exactement que c’est
Soulfly, comme une marque déposée… Il n’y a
personne qui sonne comme ça… Oui, j’ai un tout nouveau
groupe, mais c’est très excitant… Les gens qui se rassemblent
ici, pour faire ce nouvel album, ils sont vraiment très impliqués
et à fond pour faire quelque chose de bon… C’était
comme une équipe, tout le monde travaillait ensemble… Tout
n’était pas aussi bien avant, pour moi c’était
mieux de recommencer à zéro une nouvelle fois.
J’ai lu que le nouveau guitariste était
le meilleur que tu avais pu connaître depuis Sepultura ?
Non, je ne dirais pas ça !! Sur le premier album,
Lucio était impressionnant, par exemple… Je pense que c’est
juste un style différent… Je pense que pour ce type de chansons,
bien heavys, Marc (ex Ill Nino) est très bon, surtout pour la guitare
lead, et tous les effets… Comme le début de « Prophecy
», cette sirène, c’est super le son qu’il fait
! C’est presque comme un sampler, mais non, c’est fait avec
trois guitares différentes… Donc oui c’est super de
bosser avec ce genre de gars, ou Dave Ellfson (ex Megadeth) on «
mars » qui fait vraiment des trucs cools à la basse…
Il y a plusieurs bassistes sur l’album non
?
Oui, il y a deux différents ! J’ai travaillé
avec Bobby pour l’album, mais comme j’étais aussi ami
avec Dave, j’ai pensé que pour certaines chansons cela serait
cool d’avoir Dave, cela apporterait un feeling différent.
Donc je lui ai demandé de jouer sur 4 chansons, c’était
bien… Comme ils ont deux styles de jeu différents, ça
donne à l’album une vibe différente quand on passe
d’une chanson à une autre.
Et en fait, tu penses que Soulfly pourrait être
un groupe différent pour chaque album, chaque show ?
Oui, ça se pourrait… Bon pour le moment c’est
impossible à dire car je suis heureux avec ces musiciens, mais
si cela devait encore changer, je suis sûr que je trouverais toujours
d’autres bons musiciens… Pour moi, le plus important, même
si j’aime ces gars, c’est que la musique continue. Par exemple,
pour le prochain album je m’attacherai à faire quelque chose
qui ira encore plus loin que « Prophecy », c’est ça
mon but…
« Prophecy », cela veut dire quoi
pour toi ?
Je pense que c’est juste un titre très fort,
il n’y a pas vraiment de concept là derrière…
J’aime la façon dont le mot sonne, l’image qu’il
donne sur la pochette avec le lion… J’aime le nom des chansons,
comme « moses », c’est un peu mystique tout cela…
Mais je ne sais pas l’expliquer, c’est juste un nom bien cool
! Laissons la musique expliquer ça…
Qu’est ce qui t’a inspiré pour
les paroles, cette fois ?
Les paroles sont comme les chansons, il y a ce contraste
entre des passages très agressifs, presque apocalyptiques, et des
passages plus mélodiques, plus spirituels… Sur « mars
», « execution style », les paroles sont très
hardcore, un peu comme si c’était la fin du monde…
Alors que sur « moses », « wings », les paroles
sont très positives, plus spirituelles… Une personne qui
croit en Dieu, montrer comment avoir confiance en l’avenir…
Il y a donc un réel contraste entre tout ça.
Donc finalement l’album se termine sur
quelque chose de positif plutôt ?
Oui, je pense que oui… En allant à travers
toutes ces chansons, ces différentes paroles, ces différents
sons… Ces idées qui vont de la guerre à des sentiments
plus personnel comme la croyance… On traverse tout cela, mais le
résultat final est un album très positif.
Je voulais aussi parler de l’album de Probot.
Tu peux m'en dire plus sur cette collaboration ?
Dave Grohl m’a appelé il y a quelques années,
avec cette idée là… Je lui ai répondu que c’était
cool, qu’il pouvait m’envoyer une chanson et que je ferais
de mon mieux… Et quand j’ai écouté ça,
j’ai trouvé que c’était un truc de tueur, ça
m’époustouflé, ça aurait pu être une
chanson de Sepultura… Donc la chanson s’appelle « Red
War », j’ai écrit les paroles pour… J’ai
même chanté avec mon accent brésilien… Et c’est
cool, Dave Grohl aime bien mon travail, il a beaucoup écouté
Sepultura, et c’était un honneur pour moi de bosser avec
lui et d’être sur cet album !
Il y a d’autres projets sur lesquels tu
aimerais travailler, à part Soulfly ?
Oui, mais cela ne tient pas vraiment à moi en fait
! J’aimerai bien faire une BO un jour, pour un film. Cela a toujours
été l’un de mes rêves, car j’adore les
films… J’ai beaucoup d’instruments chez moi sur lesquels
je bosse, des trucs complètement en dehors de Soulfly et dont personne
n’est au courant… Je ne le mets pas dans Soulfly car c’est
un peu trop fou ! Mais j’aimerais vraiment pouvoir faire la musique
d’un film, cela serait un grand challenge !
Quel type de film tu aimes ?
J’aime bien Ben Hur, ou Laurence d’Arabie…
Sur un film comme cela, je pourrais mettre des super sons…
Du coup tu apprécies bosser sur les clips
de Soulfly ?
Oui ! On a fait une vidéo pour « prophecy
», on est allé dans la monument Valley, qui est une réserve
indienne Navarro… C’est immense, très ouvert, comment
dire, d’énormes rochers, et il y a un feeling très
particuliers pour tourner… Les indiens Navarro sont aussi sur la
vidéo, avec leurs peintures… Faire cette vidéo dans
le désert, c’est comme faire un petit film… J’espère
que vous aurez l’occasion de la voir !
Malgré la discussion qui suit son chemin, il
est temps d'arrêter, les 15 minutes accordées étant
déjà largement dépassées... Un grand merci
à Max pour ses réponses, ainsi à qu'à toute
l'équipe de Roadrunner France !
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