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-Interview: Max Cavalera
Max Cavalera Interviewed by Ben and Manu At SantagoRe On March 26, 2003 Language: French
Ben : Quel est ton sentiment, par rapport à
cette nouvelle tournée européenne? Vous êtes passés
par Lille et hier à Lyon, comment se sont déroulés
les concerts ?
Max : Les concerts étaient très bons, c'est une très
bonne tournée. C'est génial ! Nous sommes en tournée
en Europe depuis janvier, une longue mais excellente tournée. Tous
les concerts étaient sold-out ! Ca nous rend très heureux
car c'est le résultat de plusieurs années de travail en France.
Manu : Sur l'affiche de la tournée (cf. intérieur
du boîtier de l'album " 3 "), que représentent
ces mains toutes ensembles, et ce nombre, "3" ? A propos de
ce signe, " 3 ", qui vient de la religion Bouddhiste, qu'est
ce que cela signifie pour toi ?
Max : Je pense que c'est un très beau symbole. C'est le symbole
qui représente le "son" de l'univers. C'est aussi le
mantra (prière Indoue) le plus puissant en Indou. Je pense avoir
toujours été attiré par différentes cultures.
Quand je l'ai vu, j'ai pensé que ça serait très excitant
de l'utiliser pour la pochette de l'album. Ce signe ressemble aussi un
petit peu au nombre "3". Ce sont ces deux choses combinées
qui ont fait que cet album s'appelle "3", et que la pochette
est comme elle est.
Ben : A propos de ce nouvel album, nous l'avons trouvé
plus "mélodique", avec plus de sons traditionnels, des
sons que l'on trouvait déjà sur les précédents
disques. Cette démarche a t-elle été entreprise pour
surprendre, ou est-ce tout simplement une évolution du style Soulfly
?
Max : Je ne sais pas vraiment, c'est juste la voie musicale dans laquelle
j'aimais jouer. "Analyser", n'est pas mon job. Mon job, c'est
faire de la musique, celle que je ressens. Cet album est comme "Primitive",
tous les albums sont différents, mais à la fin de l'enregistrement,
pour moi, le plus important, c'est que les chansons soient honnêtes,
et que j'aime les jouer. Pour Soulfly, c'est le plus important.
Manu : Avec le recul s'il était possible de changer quelque
chose à ce disque, de quoi s'agirait-il ?
Max : Je suis très satisfait, et je ne regarde jamais beaucoup
en arrière sur mes albums. Même si je me dis que j'aurais
pu faire ceci, ou faire cela. C'est une perte de temps, car tu vas toujours
trouver quelque chose à modifier, mais tu dois te fixer des limites
et à un moment donné, il faut te dire que tu es vraiment
satisfait. La seule chose sur laquelle je ne suis pas satisfait avec ce
disque, c'est que je dois essayer de faire mieux ! (Rires). Ca vous donne
de l'espoir pour le prochain ! (Rires)
Ben : Soulfly a connu pas mal de bouleversements en ce qui concerne
le line-up. Aujourd'hui, penses-tu avoir trouver les meilleurs musiciens
pour Soulfly ?
Max : Oui. Je ne pense pas que c'était vraiment des problèmes.
Il s'agissait simplement du fait que les personnes intégrant Soulfly
doivent s'imprégner de l'atmosphère qui y règne,
et je savais depuis le début que ça n'allait pas être
simple. Surtout en ce qui concerne la partie guitare, parce que le premier
guitariste (Jackson Bandeira) n'était pas vraiment dans le groupe,
il était dans Chico Science. Donc dès le premier album,
on n'avait pas vraiment de guitariste. Mais ce n'est pas un problème.
Je pense que pour moi, le plus important, c'est que la musique avance,
même avec les changements de line-up. Ca n'a pas stoppé la
musique, ça n'a pas stoppé les albums. Aujourd'hui, le line-up
est plus solide, donc j'en suis très heureux !
Ben : Pour toi, Mickey est-il le meilleur guitariste possible
pour Soulfly ?
Max : Oui, nous n'avons pas vraiment besoin de plus, il n'y a pas beaucoup
de solo ou de chose comme ça. Mickey a un rôle très
important, avec une rythmique solide dans un style un peu noisy, et c'est
vraiment ce qu'il y a de plus parfait pour Soulfly. Nous n'avons besoin
de rien de plus que cela.
Manu : A propos du Brésil, quels ont été
les changements significatifs depuis l'élection du nouveau président,
Luiz Inatio Da Silva alias Lula ?
Max : Nous avons besoin de temps pour voir, mais tu sais, l'une des bonnes
choses en terme de musique, ça a été la nomination
de Gilberto Gil au ministère de la culture. Je pense que c'est
très bon, car c'est la première fois qu'ils nomment un musicien
dans ce domaine. C'est un très bon gars, je le connais personnellement.
Je pense qu'en ce qui concerne la musique, il va la développer,
développer la musique brésilienne. Nous avons un pays vraiment
riche musicalement, mais la musique n'est jamais transmise ou traitée
comme aux Etats-Unis ou comme ici en Europe, où vous êtes
des fans de musique, vous la portez. Au Brésil, ça n'arrive
jamais. Etre musiciens, c'est un métier de seconde zone, donc je
pense que c'est là où Gilberto Gil devrait et va intervenir.
Montrer que musiciens est une profession comme d'autres professions, comme
docteur ou professeur. Etre considéré comme ayant une profession
dans laquelle tu peux faire des choses positives. Je pense que ça
serait un bon début.
Ben : En tant que brésilien résidant aux Etats-Unis,
quel est ton sentiment par rapport à la guerre en Irak et à
la politique de Bush ?
Max : Mmm…je suis contre la guerre. Je pense que c'est comme…J'aurai
espéré qu'il y ai différentes solutions, mais ça
ne semble pas être le cas. Je suis aussi contre le terrorisme, c'est
un problème flippant. Le terrorisme est un grave problème.
Ca affecte tout le monde. N'importe qui, à n'importe quel moment,
peut être victime du terrorisme, c'est flippant ! Nous vivons dans
des mondes différents de celui des terroristes ! Mon seul espoir,
c'est que tout cela soit résolu au plus vite, que tout le monde
retourne à des vies plus normales, bientôt j'espère.
Ben : A propos du terrorisme, tu as mis une minute de silence
dans l'album, en relation avec les attentats du 11 septembre 2001. Pourquoi
avoir choisi cette démarche ?
Max : Oui, pour moi, une minute de silence était la meilleure chose,
car tout le monde a fait des chansons à propos des attentats, tous
les musiciens en parlent. Pour moi, il était plus judicieux de
faire le contraire de tout le monde, le silence a plus de poids que les
mots. J'étais très fier d'avoir choisi cette démarche
dans une telle situation.
Manu : Connais-tu la scène européenne? Qu'en penses-tu
? Peux-tu nous donner des noms de groupes que tu apprécies ? Peut-être
des groupes français ?
Max : Cette tournée m'a fait découvrir de très bons
nouveaux groupes, comme Eyes Burn de Belgrade qui est un excellent groupe.
Stamping Grounds, des anglais qui ont ouvert pour nous, Defdump, qui est
un très bon groupe français, qui va ouvrir le show de ce
soir. Je n'en connais malheureusement pas beaucoup, car je ne vie pas
ici mais je le voudrai, comme ceux-ci (en prenant les skeuds de Counterfeit
et de Blight). C'est vraiment bon d'entendre de la nouvelle musique, sincèrement
!
Ben : En France, Max Cavalera est une personne énormément
appréciée que ce soit par les médias ou par le public.
Mais que pense Max Cavalera de la France et de son public ?
Max : Je n'ai que de bonnes choses à dire sur la France. C'est
l'un des premiers pays qui a accepté mon nouveau " visage
", alors que beaucoup de gens critiquaient les débuts de Soulfly.
Le meilleur rapport que j'ai, est celui avec les fans français.
Les séances de dédicace étaient géniales,
rencontrer les fans, c'est génial. Pour ce qui est des concerts,
ce qui est le plus important, ils étaient incroyablement bons,
complets, avec une ambiance excellente !
Manu : Sur tous les albums de Soulfly, il y a pas mal d'invités.
Avec qui as-tu eu le meilleur feeling ?
Max : Avec tout le monde ! Il n'y en avait pas vraiment un en particulier
qui se démarquait des autres. Ils sont tous différents.
Christian était excellent, Tom Araya était excellent…
Tous les invités ont été vraiment cools, ils sont
tous venus d'eux-mêmes travailler avec moi. Ma partie préférée,
est tout de même la percussion, je ne peux pas le cacher, elles
font parties de mes racines, des mes origines. Les deux personnes avec
qui je les ai travaillées sont Meia Noite qui vient du Brésil,
et Larry Mc Donald qui vient de Jamaïque. Ce sont mes préférés
pour ce qui est de la partie studio. Les regarder travailler, apprendre
avec eux, en intégrant tous ces instruments… Tous mes albums
contiennent entre 30 et 40 instruments différents, ce qui est à
souligner pour un album de métal. Plus que la plupart des autres
albums de ce style. Je pense que dans le future, il y en aura davantage.
Je voudrais explorer d'autres genres de percussions comme les percussions
medohistes, ou celle d'Afrique du nord qui sont aussi excellentes !
Ben : Acceptes-tu de répondre aux questions concernant
Sepultura ?
Max : Non, je ne veux pas.
Ben & Manu : Ok, c'est pas grave. (en chœur avec des
voix du genre : désolé d'avoir abordé ce sujet)
Max : "it's OK" (avec une voix du genre : je ne vous en veux
pas d' avoir abordé le sujet)
Manu : Pourquoi as-tu choisi l'émission de Canal+, "Nulle
part ailleurs" pour annoncer le nom de ton nouveau groupe, il y a
5 ans ?
Max : Il était temps de révéler le nom. La maison
de disque connaissait le nom du groupe, mais je voulais faire quelque
chose de plus inattendu, que de faire un truc favorisant notre image de
marque, avec le label, genre : (Max prend une grosse voix !), " Hey
! Voici mon nouveau groupe… ! " (Rires). Le faire en direct
à la télé était plus excitent. Les gars de
la maison de disque sont devenus fous, ils m'ont dit par la suite, "
T'aurais pas dû le faire comme ça ! " et je leur ai
répondu " Fuck you !!! " (Rires général
!). C'était bien mieux de le faire comme ça !
Ben : Ce que nous avons trouvé d'assez curieux hier pendant le
concert, c'est que vous avez joué 5 chansons qui ne figurent pas
sur les albums de Soulfly (Roots Bloody Roots, Territory, Refuse/Resist
de Sepultura, Territorial Pissing de Nirvana et Head up de Deftones).
Pourquoi jouer autant de chansons qui ne figurent pas sur tes albums,
avec entre autres, 3 chansons de Sepultura ?
Max : Pour moi, toutes les chansons que je joue, je le fais pacifiquement,
et surtout pour les paroles. Quand je joue des morceaux de Nailbomb, de
Roots ou d'Arise, ce sont vraiment des chansons personnelles, qui font
partie de mon histoire. Je pense avoir accumulé beaucoup de "
matériel ", ce sont beaucoup d'albums, c'est difficile de
faire une Set-List qui plaira à tout le monde. C'est impossible
!!! Mais j'essaie ! (Rires) Y'aura toujours des personnes qui te diront
" J'espère que tu vas jouer telle ou telle chanson ! ".
C'est très difficile, il y a tellement de morceaux !
Manu : Quels sont tes projets après la tournée,
pour les mois à venir ?
Max : Nous allons faire une tournée aux Etats-Unis, et au Canada.
Puis je vais commencer à travailler sur le nouvel album. Ce 4ème
album devrait sortir en fin d'année, ou quelque chose comme ça.
Ben : Tu as déjà des chansons ou des invités
potentiels pour cet album ?
Max : Oui, j'ai des idées, j'ai pleins d'idées pour faire
des choses plus particulières, mais c'est un peu tôt puisque
je suis en tournée. Mais comme je l'ai dit, j'ai vraiment envie
d'intégrer des percussions nord africaines, parce que c'est vraiment
différent pour moi. Prolonger la signification du chagrin et de
la peine à un autre niveau, car je ne l'ai pas encore fait.
Ben : Penses-tu que Soulfly est un groupe très fort, ou
est-ce toujours un projet, le nouveau projet de Max Cavalera ?
Max : Non, je pense que c'est réellement un groupe très
fort. Nous tournons comme tous les autres groupes, nous avons un très
bon line-up, maintenant plus que jamais. C'est un line-up très
solide, donc je ne pense pas que se soit un projet. Un projet, c'est comme
Nailbomb, ça c'est un projet. Soulfly est un groupe !
Manu : En tant que fan de football, veux-tu dire un petit mot
concernant la dernière Coupe du Monde ?
Max : Un mot ? ( genre, ça fait pas beaucoup ! ). Je pense que
le Brésil a gagné plus sous l'influence de l'entraîneur
que grâce à celle des joueurs. Pour la première fois,
nous avions un entraîneur très sérieux. Il était
policier, il a " dressé " les joueurs, c'est lui qui
a fait gagner la Coupe au Brésil ! (Rires).
Ben : Peux-tu nous éclairer sur ta spiritualité,
sur tes liens avec Dieu ?
Max : Oh ! C'est difficile de l'expliquer car c'est en toi! Je pense que
Dieu a réellement été une force énorme dans
ma vie. C'est pour cela que je dédie mes albums à Dieu.
Mais je ne veux pas être comme certains groupes qui forcent à
la religion. C'est pour cela que l'on a mis un symbole indou sur la pochette
de l'album, et des images de différentes religions, car je n'ai
pas qu'une seule religion ! Le problème avec la guerre, c'est que
tout le monde pense pratiquer la meilleure des religions, comme pour les
équipes de foot ! (Rires).
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